lundi 17 décembre 2007

Natalie Shau

Paris regorge d'endroits enchanteurs et mystérieux comme on aimerait plus souvent en dénicher et réserve parfois de bien belles curiosités à qui sait les trouver.
Il y a de ça au Cabinet des Curieux, 12 passage Verdeau dans le 9e. En effet, cette surprenante galerie d'art a pris le parti de rapprocher artistes modernes et objets anciens, et offre à l'impénitent collectionneur, l'opportunité de débusquer le trésor rare tout en faisant découvrir la fine fleur des jeunes artistes de notre temps.
Ainsi, en connaisseur avisé, le galeriste Thierry Ruby a ramené la Lituanie gothique en plein coeur de Paris et présente encore pour quelques jours, Natalie Shau, jeune artiste prodige, qu'on n'imaginait pas voir de si tôt en France. L'occasion est unique et il faut courir, avant Noël, découvrir cette exposition au goût délicieusement étrange et raffiné. De quelques mots très justes, Natalie Shau résume : « Je suis une chercheuse de beauté, même au sein de choses affreuses. » De par une technique mixte numérique (Digital mixed media) parfaitement maitrisée, l'artiste se déplace dans un univers onirique, où chacune de ses créatures, souvent des jeunes filles aux yeux démesurés, rivalisent de délicatesse avec le monstrueux et le cruel. Se définissant comme une "dark artist", telle une lointaine cousine de Michael Hussar , Natalie Shau effleure Tim Burton et ses contes de fées sombres et le monde épique et sensible de Tolkien.
A voir jusqu'au 22 décembre 2007.

dimanche 25 novembre 2007

Aubrey Beardsley



Jeune illustrateur de la fin du 19e siècle, Aubrey Beardsley est l'un des nombreux artistes ayant inspiré Akiza. Il naît en 1872 à Brighton et grâce à son talent précoce, il devient l'une des figures de proue du symbolisme anglais. A 15 ans, il illustre ses ouvrages préférés, comme Manon Lescaut ou Madame Bovary. A 18 ans, il rencontre Oscar Wilde et, en 1894, exécutera les illustrations de sa célèbre Salomé. Très fécond, Beardsley affiche un style décoratif, pervers et théâtral qui répond admirablement aux possibilités et aux besoins de la reproduction industrielle de l'image. L'élégance rythmique et un peu vénéneuse de ses dessins est inspirée, non seulement par les vases grecs et les décors abstraits des palais arabes, mais aussi par les estampes japonaises où il déploie un imaginaire fantastique et un érotisme parfois morbide. Avec Salomé, il aborde avec une ironie propre, la thématique de la femme mauvaise et castratrice. Ses personnages grimaçants sont souvent dotés de phallus démesurés et boursouflés. Plus tard, il qualifiera ces dessins de "naughty" (coquins).
Directeur artistique et illustrateur pour la revue The Yellow Book, Beardsley se voit renvoyé pour motif de scandale dans sa vie privée, et vraisemblablement pour son homosexualité. Souffrant de tuberculose depuis son enfance, il meurt en 1898, à l'âge de 26 ans à Menton et se convertit au catholicisme avant sa mort. Il finira par condamner ses "naughty drawings", mais n'en deviendra pas moins l'un des initiateurs de l'Art Nouveau .

samedi 24 novembre 2007

Cabaret aux Folies Bergère




Il reste peu de temps pour aller voir Cabaret, le musical de Broadway, mis en scène par Sam Mendès et inspiré du livre "Adieu à Berlin" de Christopher Isherwood. D'inspiration cabaret, entièrement refaçonnée pour l'occasion, la salle elle-même est un spectacle en soi. Petites tables particulières, tentures et lumignons cramoisis, escaliers en fer forgé et planchers de bois, on plonge immédiatement dans un univers féérique qui présage d'un spectacle de très haute voltige. En effet, dès le début, le maître de cérémonie (Fabian Richard) au charisme d'un Brian Molko, claironne un "Willkommen" appuyé et nous fait pénétrer dans l'univers décadent du Kit Kat Club. L'histoire se déroule dans les années 30 à Berlin lorsque le nazisme commence à prendre son essor. Cliff Bradshaw, un jeune écrivain américain débarque dans la ville en pleine crise économique et tombe amoureux de Sally Bowles, meneuse de revue du Kit Kat Klub, boite de nuit aux moeurs sans tabous. Il y découvrira les idées libertaires, le métissage social et l'ivresse des nuits interlopes berlinoises.
Cabaret a été joué à travers le monde entier et fut multi-récompensé à New-York où il se joua à guichet fermé pendant six ans (1998-2004) ainsi qu’à Madrid (2003-2006) et Amsterdam (2006). Depuis 2006 à Paris, la comédie musicale est prolongée jusqu'au 27 janvier 2008. Les artistes illuminent le spectacle de leurs multiples talents, acteurs, danseurs et musiciens. Un moment qui reste absolument inoubliable et très vivement conseillé !

Chiho Aoshima



Pour les fans de japonaiseries, à la rentrée, il y avait une singulière exposition à ne pas manquer ; c'était à la Galerie Emmanuel Perottin. L'évènement est terminé, mais nous ne pouvions ne pas présenter Chiho Aoshima, artiste japonaise issue du collectif Kaikai Kiki, dirigé par Takashi Murakami.
Sur place, surgissent des paysages naïfs, pops et sucrés, mélange de Hello Kitty et de dessins animés mangas ; de couleurs vives, ice cream et boules de gommes. Pourtant, le décalage a bien lieu. Dans chaque oeuvre, se dresse un monde inquiétant et souterrain, où par exemple, de graciles jeunes filles sont métamorphosées en créatures de bondage, suspendues aux arbres. Une bien belle surprise aussi, cette pièce entière grandeur nature, parée d'une nymphe gigantesque aux yeux vairons, couchée dans l'herbe qui se décompose en dégradés troublants et miasmes serpentins. Chiho Aoshima présente ici un travail inouï qui semble se nourrir d'une tradition shintoïste animiste, où les éléments de la nature sont vénérés, digérée par une société de plus en plus urbaine.

Une référence insolite à suivre, qui se déguste comme une barbapapa dans un train fantôme.